Les légionelles, bactéries du genre Legionella, sont présentes, à des concentrations faibles, dans les milieux naturels : dans l’eau douce et les sols humides. Elles peuvent également coloniser les sites hydriques artificiels tels que les réseaux de distribution d’eau, les circuits de refroidissement (climatisation collective ou tours aéroréfrigérantes à voie humide). Elles prolifèrent dans les eaux stagnantes lorsque la température est située entre 25 et 45°C.
La contamination de l’homme se fait par inhalation de fines gouttelettes d’eau contenant des légionelles, diffusées sous forme d’aérosols. Ces derniers sont produits par l’intermédiaire d’équipements tels que des douches, des humidificateurs, des bains à remous et autres équipements de balnéothérapies ou encore des tours aéroréfrigérantes (Source ORS RA). Il n’existe pas de transmission interhumaine et boire l’eau n’induit pas de contamination.
Les conséquences sanitaires des expositions aux légionelles sont variées. En outre, les personnes peuvent contracter :
- des infections non-pulmonaires de type grippal (fièvres de Pontiac notamment) dont l'issue est généralement favorable.
- des infections pulmonaires plus graves (pneumopathies sévères) : la légionellose. Cette maladie est mortelle dans 11% des cas. La légionellose présente une plus grande susceptibilité liée à l'âge et à des facteurs de risque comme le tabagisme. Elle concerne d'une part des personnes fragilisées par une immunodépression, une transplantation, un diabète ou une insuffisance cardiaque, mais aussi d'autre part un nombre important de personnes sans facteur de risque associé.
Le Plan National Santé Environnement consacre une de ses actions prioritaires à ce problème sanitaire et avait fixé pour objectif « de réduire de 50% l’incidence de la légionellose à l’horizon 2008 ». Cet objectif est décliné parmi les actions du Plan régional Santé Environnement de la Région Rhône Alpes.
La prévention du risque passe par la mise en œuvre d’actions de prévention au niveau de la conception, l’entretien et la maintenance des installations, basées sur le respect de 3 grands principes :
La surveillance des cas de légionellose permet d’améliorer la prise en charge précoce des cas de légionellose et d’éviter l’apparition d’épidémies.
En France, la surveillance de la légionellose est basée sur le système de la déclaration obligatoire : les cas sont signalés par les médecins ou biologistes au service des Médecins Inspecteurs de Santé Publique (MISP) de l'ARS. Une enquête épidémiologique est alors menée via un interrogatoire du cas (ou de ses proches) sur ses activités et les lieux d’exposition potentielle fréquentés, de manière à tenter d’identifier la source d’exposition à l’origine de la contamination.
En fonction des résultats de cet interrogatoire et suivant les directives d’investigation de la circulaire DGS n° 2005/343 du 11/07/2005, une enquête environnementale est menée par le service Environnement Santé de l'ARS au niveau des lieux et/ou établissements suspectés.
Le tableau suivant présente la répartition par département de domicile du nombre de cas de légionellose survenus en Région Rhône-Alpes de 2001 à 2008 (source InVS).
| 2001 | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | 2010 |
Ain | 6 | 8 | 11 | 17 | 27* | 12 | 24 | 25 | 21 | 22 |
Ardèche | 8 | 2 | 1 | 3 | 5 | 6 | 3 | 7 | 6 | 2 |
Drôme | 2 | 4 | 9 | 8 | 11 | 8 | 13 | 17 | 7 | 7 |
Isère | 35 | 43 | 48 | 46 | 67 | 45 | 61 | 57 | 61 | 67 |
Loire | 13 | 26 | 25 | 28 | 24 | 18 | 26 | 16 | 16 | 22 |
Rhône | 58 | 53 | 41 | 56 | 94* | 62 | 60 | 50 | 50 | 59 |
Savoie | 1 | 21 | 17 | 17 | 20 | 15 | 24 | 19 | 15 | 13 |
Haute-Savoie | 9 | 22 | 17 | 15 | 27 | 35 | 41 | 22 | 27 | 35 |
Rhône-Alpes | 132 | 179 | 169 | 190 | 275 | 201 | 252 | 213 | 203 | 227 |
France | 807 | 1021 | 1044 | 1202 | 1527 | 1443 | 1428 | 1244 | 1206 | 1540 |
* Augmentation due à la survenue de cas groupés du nord de l'agglomération lyonnaise en mai 2005 (25 cas dans le Rhône et 6 cas dans l'Ain)
Attention, ce tableau est construit sur la base des informations de domiciliation recueillies dans la DO, ce qui ne reflète pas obligatoirement les lieux d’exposition.
Exemple : en Isère, sur 57 cas recensés par l’InVS en 2008, 50 cas habitent l’Isère et étaient présents sur le département quand ils ont développé la maladie (exposition potentielle sur le département), mais 7 cas étaient en dehors de l’Isère pendant la période d’incubation (absence d’exposition sur le département).
> Télécharger ici un graphique montrant l'évolution du nombre de cas de légionellose en France entre 1988 et 2010 (Source : INVS).