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Radon

Le Radon : un danger méconnu dans les bâtiments

Chaque année, en France, plusieurs milliers de personnes décèdent, victimes d'un gaz radioactif : le radon. Cette estimation est issue d'études épidémiologiques menées pendant plusieurs années par des équipes de recherche à l'échelle européenne. Cela représente entre 5% et 12% des décès par cancer du poumon, le risque étant fortement aggravé pour les fumeurs.

La gestion du risque radon est une priorité nationale en témoigne l'élaboration d'un nouveau plan national d'actions pour la gestion du risque radon 2011-2015.

Sommaire :         

 

Qu'est ce que le radon ?

Le radon est un gaz radioactif d'origine le plus souvent naturelle. Il provient de la désintégration de l'uranium et du radium contenus dans la croûte terrestre. Sa concentration moyenne dans l'air extérieur varie entre 5 et 15 Bq/m3 (le Becquerel par mètre cube est l'unité de mesure de la concentration du radon dans l'air ; Le Becquerel est l'unité de mesure de la radioactivité et correspond à une désintégration par seconde).

La concentration est plus élevée à l'intérieur des bâtiment. Sa présence dans l'habitat est liée à la nature du sous-sol, mais aussi aux conditions de construction et de ventilation des locaux.

Dans les espaces clos ( caves, vides sanitaires, pièces d'habitation), le radon peut se concentrer de cinq à cinquante fois plus que dans l'air extérieur. Des variations notables sont également constatées en fonction du mode de vie des habitants (ouverture des fenêtres par exemple).


             Les voies d'entrée du radon-ArtPresse/IRSN

De plus, tous ne sont pas égaux devant le risque, et les concentrations de radon varient fortement selon les régions.

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En Rhône-Alpes, 4 départements sont classés prioritaires

De par la nature de ses sous-sols, granitiques et volcaniques riches en radium et uranium, la région Rhône-Alpes compte 4 départements prioritaires pour la prévention du risque radon dans les lieux ouverts au public : l'Ardèche, la Loire, le Rhône et la Savoie. Au niveau national, ce sont 31 départements qui sont classés prioritaires. Ce classement fait suite à des campagnes de mesures réalisées dans l'habitat depuis 1996.

Cette cartographie s'affine
Une nouvelle cartographie du potentiel radon des sols en cours de réalisation. Elle donnera des informations à l'échelle des communes, et non plus des départements. Ces nouvelles données vont conduire à la définition de communes prioritaires pour le risque radon.

  • Quels sont ses effets sur la santé ?

Le radon et ses descendants solides pénètrent dans les poumons avec l'air respiré. Ces descendants émettent des rayonnements alpha qui peuvent induire le développement d'un cancer.

Depuis 1987, le radon est reconnu par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme un agent cancérigène, susceptible d'augmenter le risque de cancer du poumon au même titre que le tabac. Les cancers surviennent dans les 5 à 25 ans après l'exposition et le risque de cancer pulmonaire augmente de 16% par tranche de 100 Bq/m3 supplémentaire de concentration en radon.

Une interaction tabac-radon

Le risque de développer un cancer du poumon est multiplié par 25 lorsqu'on associe l'exposition au tabac et au radon.

Le radon représente cependant un problème de santé publique trop souvent méconnu. C'est aussi l'une des principales sources d'exposition de la population aux rayonnements ionisants du fait qu'il s'accumule dans l'atmosphère des bâtiments, où nous passons près de 80% de notre temps.

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  • Que fait l'Agence régionale de santé Rhône-Alpes ?

Le code de la santé publique et son arrêté d'application du 22 juillet 2004 imposent aux propriétaires de certains établissements recevant du public (ERP) situés dans les zones prioritaires de faire procéder à des mesures de radon. Les catégories d'établissement contrôlées par l'ARS sont les suivantes :

  • les établissements d'enseignement y compris les bâtiments d'internat
  • les établissements sanitaires et sociaux disposant d'une capacité d'hébergement
  • les établissements thermaux
  • les établissements pénitentiaires

Il a été défini deux niveaux volumiques du radon, exprimés en bequerels (Bq) par mètre cube, au-dessus desquels des actions doivent être mises en oeuvre pour réduire l'exposition des personnes, à savoir :

  • un seuil de précaution (400 Bq/m3), exigeant la mise en oeuvre d'actions correctives simples en cas de dépassement (aérer le logement : vérifier l'état de la ventilation, ouvrir les fenêtres...),
  • un seuil d'alerte (1000 Bq/m3) amenant à entreprendre des actions plus complètes (comme augmenter le renouvellement d'air, assurer l'étanchéité du bâtiment...).

En Rhône-Alpes, le programme de contrôle a débuté en juillet 2004.

L'ARS suit en région Rhône-Alpes près de 7000 établissements recevant du public. Sur l'ensemble des 7000 établissements, 3000 ont communiqué leurs résultats de mesures. Le graphique ci-dessous détaille les résultats de mesures par type d'établissements.


Près de 250 établissements ayant communiqué leurs résultats ont eu des mesures supérieures aux seuils réglementaires :
seuil de précaution ou au seuil d'alerte. Ces établissements font l'objet d'un suivi régulier afin de vérifier que les actions correctives ou les travaux ont permis la réduction des niveaux de radon au dessous des seuils.

La réglementation française évolue

Pour prendre en compte le risque radon dans l'habitat individuel, un décret est actuellement en cours d'adoption. Il devrait rendre obligatoire le dépistage radon chez les particuliers. Le seuil retenu pour la réglementation à venir sera de 300 Bq/m3. Ce seuil a été établi sur la base de recommandations internationales, dont l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

  •  Comment se mesurent les niveaux de radon ?

La mesure s'effectue généralement à l'aide d'un dosimètre : film sensible enregistrant les désintégrations radioactives des atomes de radon. Tout particulier peut se procurer ce type de dispositif afin de connaître le taux de radon présent dans son habitation.

En revanche, pour les établissements recevant du public, les mesures imposées par la réglementation doivent être réalisées par des organismes agréés de  niveau 1.

La norme NF M 60-771 recommande de réaliser les mesures de l'activité volumique du radon entre le 15 septembre de l'année N et le 30 avril de l'année N+1 et de laisser en place les dispositifs de mesure pendant une durée d'au moins deux mois. Ainsi, les valeurs obtenues ne seront pas sous-évaluées.


un dosimètre

Pour vous procurer un dosimètre, vous pouvez consulter une liste de fournisseurs sur le site de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) : www.irsn.fr

  • Comment réduire les risques ?

Des solutions simples mais efficaces

La réduction du risque radon se base sur trois grands principes comme l'illustre l'image ci-dessous :

  • Etanchéifier les voies d'entrée du radon par le colmatage des fissures au mur, plancher, joints entre le sol et les  murs ou entraitant les surfaces poreuses ...
  • Ventiler les locaux par l'installation ou la rénovation des systèmes de ventilations : ventilation mécanique,
  • Inverser les flux de radon des soubassements (sous-sols, vides sanitaires...) par la mise en dépression.


Les techniques de réduction du radon dans un bâtiment (ArtPresse/RSN)

En complément de ces actions, un geste simple, l'aération régulière des locaux qui permet également d'éliminer d'autres polluants de l'air intérieur.

  • Le radon dans l'eau

Une partie du radon produit par les roches peut être transférée vers l'atmosphère, via la porosité des roches et du sol. Il peut également être dissous dans l'eau qui stagne ou circule dans les roches.

Pour les usages courants, le risque lié à l'ingestion d'eau contenant du radon est beaucoup plus faible que celui issu de l'inhalation au sein de locaux mal aérés. En effet, le dégazage de l'eau (eau du robinet qui a reposé quelques heures à l'air libre) réduit presque totalement la teneur en radon dans l'eau.

Pour les eaux destinées à la consommation humaine, une campagne nationale de recherche du radon dans les eaux brutes a été menée en 2011 conjointement par l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) et les Agences Régionales de Santé.

Pour en savoir plus, vous pouvez contacter la délégation territoriale de l'ARS de votre département.

La mesure de radon sera probablement intégrée dans les prochaines années dans le contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine.

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